Canalblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jean VRP de la montagne
Publicité
21 juillet 2021

2021-07-21 GR5-Via Alpina-Mercantour J21

Jour précédent

21 juillet

Au départ de Pontebernardo (1 312 m)

Via : Colle di Stau - Prati del Vallone - Passo Sottano di Scolettas - Passo di Rostagno

Pontebernardo

Au réveil, ça grince de partout, ce n’est pas la grande forme !! Je pensais que mon rythme allait être donné par mon talon mais au final, mon genou et mon dos s’y associent pour me faire lever le pied ! Ce n’est pas un maillon faible, c’est une chaîne de maillons faibles ! J’avoue que cela aurait tendance à miner mon moral, il faut que je me ressaisisse avant que le doute ne s’installe ! Hier, j’ai eu Christine au téléphone, je sais qu’elle m’attend à Monaco, ou presque ! Ce soir je ferai un point, à chaque jour suffit sa peine. En attendant, je suis très heureux d’être là.  Je passe au petit déjeuner, rien à voir avec hier, le gérant a déposé un plateau avec mon petit déjeuner et mon sandwich dans la salle hors sac. C’est très light, tout est sous emballage plastique ! De la nourriture industrielle au fin fond de l’Italie !! Hier je suis parti avec le ventre plein, aujourd’hui, heureusement que j’ai pu compléter avec mes victuailles, une première depuis St Gingoph. A noter que, j’ai pris mon premier anti-inflammatoire pour un tir groupé (talon, genou, dos), j’avoue que c’est un peu en anticipation.

GTA : Grande Traversée des Alpes

C’est parti pour le refuge Zanotti, refuge non gardé du club alpin italien. Je sors du gîte à 05h45 pour une rando prévue de moins de 10 heures. Malgré la fatigue qui s’installe progressivement mais inévitablement, je souhaite toujours partir tôt. Arrivé dehors, la température est déjà bien agréable, je tombe la polaire et me mets en route. Pontebernardo étant dans une vallée très encaissée, il n’y a pas de possibilité de mise en jambes. Je sors du hameau, traverse la route et, tout de suite, le sentier s’élève méchamment, le ton est donné. Premier oratoire au-dessus de Pontebernardo, un peu inquiet de ma possible lenteur, je regarde ma montre, je n’ai marché qu’ ½ heure mais mon moral revient au beau fixe lorsque je vois que j’ai fait 250 m de D+. Reste à savoir si je vais tenir ce rythme ! Un bogue dans ma préparation, je n’ai pas de détails de cette étape, je devrais me fier aux  panneaux d’indications… s’il y en a.

Lever du soleil

Cela fait 3 ou 4 jours que le réveil est difficile, ce matin, je me suis assis au bord du lit me posant très brièvement la question si je devais me recoucher ! Pourtant les nuits, d’environ 7 heures, sont excellentes mais je pense que le ratio temps de sommeil et temps de randonnée est trop tendu. Aujourd’hui, j’ai encore 2 belles étapes à tenir avant d’avoir des étapes moins intenses où je pourrai récupérer un peu. Pour l’instant, le talon se fait oublier, je le masse chaque jour à la NOK sans trop savoir ce que j’ai. Pour le genou et le dos c’est tout par moment.

 

 

Brume matinale

Je suis au Col Becco Rosso à 2 261 m d’altitude, j’ai fait près de 900 m de D+ en 2h10, un bon rythme. J’ai cru, ne jamais atteindre ce col, à chaque fois que je me sentais proche, une épingle me renvoyait à l’opposée mais j’ai tenu et je l’ai eu ! Je fais une pause et en profite pour me mettre en tenue vestimentaire minimaliste, le ciel est bleu et je pense qu’il ne va pas tarder à faire chaud. Dans cette ascension, les bâtons m’ont bien aidé même si, avec le sentier, parfois très étroit avec de hautes herbes, ramener les bâtons vers l’avant était parfois compliqué. J’attaque la descente, c’est le même terrain, la prudence est de rigueur. Creusé par la pluie, le sentier est très étroit et glissant, je me cogne les chevilles presque à chaque pas avec un équilibre instable. Cela étant, j’ai préféré laisser les bâtons sur le sac pour cette descente et « battre » des bras pour garder mon équilibre.

1er col : Becco Rosso (2 261 m)

La descente est technique, sur l’autre versant, au loin, je vois le village de Férrère que je devrais atteindre en 1h30 environ. Férrère est en plein milieu d’un alpage, d’où je suis, c’est comme un gros point au milieu d’une immense prairie d’un beau vert, c’est magique et magnifique, j’ai hâte d’y être.

 

 

Pas toujours top, le sentier !

Avec des herbes hautes et denses je ne vois pas toujours où je pose les pieds, j’avance prudemment. De plus, l’humidité passe des herbes aux chaussettes, pas très agréable et je traverse aussi, de petits torrents. En peu de temps je me retrouve avec les pieds mouillés. Cela étant, je me sens bien, je ne demande pas trop d’effort au bonhomme et mes douleurs se sont mises en pause. Après quelques portions de descentes bien pentues, le sentier suit les lignes de niveau dans des herbes toujours très hautes. J’arrive à une passerelle, content de sortir de cette jungle, il y a des panneaux d’indications mais je n’y prête pas attention, un seul objectif sortir de cet endroit qui me devient inhospitalier. J’enjambe donc le torrent Rio Forneris, de l’autre côté, je vois où je mets les pieds, c’est beaucoup moins stressant, beaucoup plus agréable, en contre partie, c’est raide, les mains sur les cuisses, je m’y colle. J’arrive à une intersection avec de nouveaux panneaux. J’en profite pour faire le point avec le GPS et là, alors que je suis proche de Férrère, je m’éloigne totalement de ma trace et ça, je m’en rends compte ½ heure après avoir traversé le torrent. Ce torrent, je ne devais pas le traverser et rester sur sa rive droite. A présent, je suis sur une variante de la GTA ! En fait, je ne dois pas passer à Férrère !

Direction, le Col di Stau à 2 500 m

Il y a deux solutions pour récupérer ma trace, soit je fais demi-tour et cela ne m’enchante pas de repartir dans la jungle, ou soit je vais cap au travers des alpages et pierriers. Sans hésitation, je choisis le cap, bien plus sympa et aussi un peu excitant ! Je vise un point au loin dans la direction de mon parcours et je m’y dirige. Ce n’est pas toujours facile, le seul hic, c’est que je dois retraverser le torrent et il n’y a pas de passerelle !! Au final, je trouve un endroit où je mets un seul pied dans l’eau ! C’est mieux que les deux ! Une fois le torrent passé, c’est vraiment raide, sans GPS, impossible à se repérer. Encore quelques minutes et je retrouve ma sente. Etant sur le sentier, je souffle et profite pour zoomer sur le GPS. Là, à la vue des zigzags, la montée au Col di Stau à 2 500 m, a l’air particulièrement raide, de toute façon, je n’ai guère le choix ! Sur un léger replat je contourne une mare artificielle, actuellement elle est à sec, j’imagine qu’il doit y avoir quelques résurgences pour l’alimenter en l’eau pour les alpages

 

Regard en arrière du Col di Stau (2 500 m)

Juste derrière le col, un peu en contre bas, je trouve un endroit où me poser pour manger. Seulement, à peine le sandwich sorti, une armée de taons s’attaque à ma personne, je dois me sauver de misère ! Je ne me pose pas la question si je suis fatigué ou autres, je me sauve et inévitablement, ils me suivent ! Ces taons, ressemblent plus à de grosses mouches, ils sont presque étranges avec une tête avec des reflets vert et bleu. Par chance, ils ne sont pas très habiles donc tant que je marche, ils n’arrivent pas à se poser et me piquer, l’arrêt m’est donc interdit pendant quelque temps. Comme, pour l’instant la descente n’est pas technique, je mange mon sandwich en marchant. Je rencontre un groupe de 6 personnes qui font le Tour du Ténibre (Yves, mon binôme d’escalade m’y a emmené en 2019 via le Refuge de Rabuons). Le groupe s’étale, il y a plus d’½ heure du début à la fin, chacun marche à son rythme.

Alors que je vois le fond de vallée, au détour d’une épingle, un groupe d’une dizaine de personnes profite d’une zone d’ombre pour la pause repas. Des personnes dont la moyenne d’âges doit être proche de 70 ans. Il n’y a pas à dire, la montagne aide à rester actif !

Col di Stau (2 500 m)

J’arrive en fond de vallée, je regarde avec plaisir vers le haut le trajet effectué et je pense au groupe rencontré plus haut, lorsque je les ai croisés, ils avaient déjà fait un beau dénivelé ! Il me reste 500 m de D+ pour atteindre le Refuge de Zanotti et il est 13 heures. N’ayant plus d’eau, je fais un tout petit détour jusqu’au Refuge Prati del Vallone pour faire le plein. J’en profite pour boire un coca, il est régénérateur. Le fait de poser le sac et d’être assis convenablement, sans taon, me fait grand bien. Dix minutes de pause et me voilà reparti en direction du Refuge Zanotti, le sentier qui me guide est bien sympa. J’arrive à la Passo Scolettas à 2 223 m, juste au-dessous du col, il y a un ancien bâtiment militaire transformé apparemment en refuge, une petite tour transparente sur 360° surplombe la toiture, elle permet d’observer de chaque côté de cette « passe ».  Le sentier descend par une succession de lacets qui m’emmène dans un tunnel sur une dizaine de mètres. Ce sentier a été carrossable sans aucun doute, il est bien agréable à marcher, seulement je ne tarde pas à bifurquer, le sentier devient plus petit, il tourne autour des rochers et des mélèzes dans une pente abrupte. Plus j’avance, plus c’est technique, je dois même, parfois, m’aider de mes mains. C’est au dernier moment que j’aperçois le refuge, il est perché sur un éperon rocheux. J’y suis, je savais que ce refuge était non gardé mais je ne savais pas qu’il était fermé ! Un affichage indique que la fermeture du refuge est due à la situation sanitaire. Certes, je suis autonone mais, ici il est impossible de planter la tente, il n’y a que de gros rochers, d’autre part l’eau présente est non potable. La question du bivouac est inenvisageable, je charge la suite de ma trace GPS et là… Moment de solitude… Après réflexion, j’ai oublié la particularité de ces 2 étapes successives, car le refuge de Zanotti est un peu à l’écart de la trace. Je redescends donc, d’environ 150 m de D- pour retrouver la trace originale de la Via Alpina qui se dirige vers le prochain objectif le Refuge Milgliorero.

 

Au Refuge Zanotti

Au final, j’aurai pu éviter cet aller retour de 150 m de dénivelé dans le technique. Une leçon à retenir. Une fois la trace récupérée, le chemin est sympa mais il redevient très vite technique au travers d’anciennes moraines. Je me hisse en haut d’une petite bosse et, suis face à un cirque imposant, entre minéral et quelques brins d’herbes. Je n’ai aucune idée comment je vais atteindre le col qui est tout là-haut, je ne perçois aucune trace. Après une pause où j’en prends plein les yeux, je regarde mon GPS et m’engage dans ce décor. Malheureusement, le temps change, le brouillard me tombe dessus, pour bénéficier des points de vue, c’est mort, heureusement pour marcher, pas de problème, je vois à une vingtaine de mètres. Pour accéder au col, c’est une succession de lacets très raides avec peu de grip, je fais quelques micros pauses pour reprendre mon souffle.

 

C'est tout droit !

J’atteins enfin la Passo di Rostagno à 2 536 m, il y a une photo collée sur le rocher. Ce n’est pas la première fois que je vois cela, c’est souvent un peu comme un oratoire suite à une disparition de personnes dans un accident. La descente s’annonce raide, bien qu’elle puisse être traumatisante, je suis content d’en avoir fini avec les montées. Un panneau indique le refuge Milgliorero à 1h15, j’avoue que c’est un peu un soulagement, la fatigue est là, une nouvelle fois. La descente est raide, je suis prudent, pas question de me blesser. Si j’étais sujet au vertige, je n’aurai pas de souci à cet instant, je suis noyé dans les nuages, content d’être rassuré par le GPS. Je fais mes zigs et mes zags, focalisé sur mes pieds car ça glisse. Je continue à perdre de l’altitude pendant que les nuages se diluent. Dans le fond, je distingue une grande tache noire, peut-être un marécage ou un lac ! Je sens que ce n’est plus une question d’heure mais de dizaines de minutes, ce n’est pas plus mal car le tonnerre gronde et la pluie est là ! Je suis quand même un peu euphorique d’être aussi proche de mon but.

Le Refuge Milgliorero et son lac

Doucement, le brouillard se lève et, au fil des secondes, progressivement, j’ai l’impression de découvrir le château Poudlard planté sur un gros rocher au bord d’un lac d’une couleur très sombre. Serait-ce la résidence d’Harry Potter ? Une grande bâtisse élancée sur quatre niveaux. Je m’amuse de cette situation et arrive au pied du gros rocher soutenant le château, il y a un panneau indiquant ; « NO CAMPING ». Je m’en fiche, ce soir je dormirai au chaud. Je ne vois pas âme qui vive, je monte sur ce rocher et contourne le château. A moi la douche chaude et un repas gargantuesque, c’est juste une question de minutes. J’arrive face à un grand escalier, une personne est à l’extérieur. Je la salue puis, je mets mon masque et me dirige vers le porche d’entrée. Je suis reçu par une dame, je lui demande s’il est possible d’avoir une demi-pension ? Elle me demande si j’ai réservé, je lui réponds que non ! Elle me dit qu’avec le covid, sans réservation, ce n’est pas possible, je lui demande donc si je peux manger, même réponse ! Pour terminer, je lui demande pour profiter des sanitaires, même réponse ! Je suis un pestiféré vacciné. Elle ne se pose pas la question, si j’ai une tente ou non ! Le covid a fait perdre le sens du mot « refuge » ! Je lui demande où puis-je planter ma tente, elle m’indique tout au loin au-delà des lacs. J’ai l’impression que l’on m’a jeté un mauvais sort ! Adieu la douche chaude et le repas gargantuesque !

Le Refuge Milgliorero (2 100 m)

 

Je quitte ce château, fait le plein d’eau à une fontaine à proximité et pars tout au fond. Sous l’orage, je traverse le lac sur une petite bande herbeuse avec de grosses pierres. Je trouve un endroit qui me convient pour mon bivouac, je suis à 2 mètres du torrent et du sentier de la Via Alpina. Je vais terminer ma journée par un sprint pour monter la tente et tout mettre à l’abri. Je suis rôdé pour cet exercice, aucun souci ! Me voilà à l’abri, je souffle, je respire, je suis posé, il est 18h15, presque 12h30 de rando !

 

 

Le Refuge Milgliorero (2 100 m)

Une fois installé, je quitte les chaussures pour les espadrilles et sors de mon abri, la pluie à cessé, c’était juste une pluie pour m’agacer, le temps s’éclaircit même un peu ! Je fais le tour du lac et profite de faire quelques photos. Je suis bien, je ne ressens aucune douleur. Demain sera jour de fête ! Pas de réveil, une grasse matinée et une rando de 8 heures maximum. D’autre part, je prévois de manger au Refuge du Dahu, un copain de Jérémie, d’ailleurs il sera peut-être présent. Le seul hic, cela fait 2 jours que je n’ai pas de réseau et il ne connait pas mes dernières positions. En attendant, ce sera une journée pour reprendre des forces. Il est 19 heures, je me fais un bon sandwich au saucisson et au fromage suivi d’une pomme et d’un carré de chocolat/noisettes, toujours un régal. Ce soir je vais me coucher de bonne heure et m’endormir au grondement du torrent tout proche. Espérons qu’il ne me réveille pas trop tôt demain.

Mon bivouac

Avant de m’enfoncer dans mon duvet je mets ma fine polaire car je suis à 2 100 m d’altitude et la nuit pourrait bien être fraîche. C’est peut-être mon odeur ou celle de mes chaussettes à moins que ce ne soit le lac à proximité, mais planter la tente ici aura permis de tester l’efficacité de ma moustiquaire, ils sont des dizaines à vouloir rentrer, mais, désolé, c’est une tente une place !

Voilà 3 semaines que je suis en route vers Monaco, ces derniers jours les fins d’étapes étaient laborieuses, l’accumulation de la fatigue. Je pense que ce n’est qu’un coup de mou passager, je vais me ressaisir.

La vidéo de la journée, c’est ICI (7'20)

La playlist de la 3ème semaine, c'est ICI (37'40'')

La suite, c'est ICI

P21NEW

 J21

 20210721_072743

 

 

 

 

 

Publicité
Commentaires
Jean VRP de la montagne
Publicité
Jean VRP de la montagne
  • VRP, Voyager, Randonner, Pratiquer la montagne. Ce blog, a un seul but, partager la passion du Outdoor en montagne (randos, trails et autres) au travers de comptes rendus, de photos et de vidéos. Il y a plus de 100 publications, plus de 10 000 photos et de nombreuses vidéos. Pour être informé des publications, inscrivez-vous à la newsletter et n’hésitez pas de partager.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 8 432
Mes liens
Publicité
Vous pouvez vous abonner au blog ici.
Prochainement

 

Catégories principales
Derniers commentaires
Le Beaufortain

Pellicule 2

L'envie - La réussite

Pellicule

Publicité
Publicité